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Muhibbe Darga

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Muhibbe Darga
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 96 ans)
IstanbulVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Domiciles
Daruga Zade Mehmet Emin Bey Pavillon (d) (-), Kemah (à partir de ), Neuilly-sur-Seine (-), Allemagne ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Kemal Atatürk Lisesi (en) ()
Sainte-Marie de Neuilly ()
Gazi Mustafa Kemal Paşa Ortaokul (d) ( - )
Erenköy Girls High School (en) ( - )
Université d'IstanbulVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Ahmet Sait Darga (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Sabiha Darga (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Mehmet Darga (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Heinz Anstock (d) (de à )
Necati Sarıer (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Emir Sarıer Darga (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Personnes liées
Nathalie de Chaisemartin (d), Haluk Abbasoğlu (d), Altan Çilingiroğlu (d), Heinrich Otten (d), Fiorella Imparati (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Influencée par
Œuvres principales
Ein Relief aus dem Bertiz-Tal (1951) (d), Bibliographie zur kretisch-minoischen Schrift und Sprache (1951) (d), Side dili ile yazisi hakkında notlar ve Side doğu şehir kapısında bulunan yazıt (1967) (d), Kazı başkanının karavanası: arkeolojinin delikanlısından yemek tarifler (2010) (d), Semitische Inschriften auf Silbertäfelchen aus dem 'Bertiz-Tal' (Umgebung von Maraş) (1951) (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Vue de la sépulture.

Muhibbe Darga, née le à Constantinople et morte le à Istanbul, est une archéologue, spécialiste de l'Âge du bronze de Turquie.

Muhibbe Darga est la petite-fille de Mehmet Emin Bey (écrivain, journaliste et un temps ministre des Finances du sultan Abdülhamid II)[1], premier enfant d'Ahmet Sait Bey et de Mme Sabiha. Muhibbe a grandi à Istanbul dans le quartier Acıbadem[2], dans un pavillon de style ottoman qu'avait fait construire son grand-père et dont la famille se séparera en 1997 après la mort de la mère de Muhibbe Darga[3].

En 1939, elle commence à étudier l'archéologie à l'université d'Istanbul et elle suit les cours, entre autres, du philologue Helmuth Theodor Bossert (en), de l'archéologue Arif Müfid Mansel (de) et de l'historien Clemens Bosch (de)[4]. En 1943, elle finit ses études et commence la même année un doctorat intitulé en turc : Muvatalliş Ritualindeki Tanrı Adları Üzerine Araştırmalar (c'est-à-dire « Recherches sur les divinités et leurs noms dans les rituels de Muwatalli »). Elle défendra avec succès sa thèse en 1947 à l'université d'Istanbul.

En 1945 elle fait partie de l'équipe archéologique de l'université d'Istanbul dirigée par Helmuth Theodor Bossert (en) qui fait des recherches dans le Taurus et qui entend parler du site archéologique de Karatepe. Si elle ne fait pas partie de l'équipe qui fera les premiers relevés du site de Karatepe en 1946[5], elle participe à la première campagne de fouilles de l'automne 1947. C'est la première fois que Muhibbe Darga est mentionnée sous le nom Anstock-Darga[6], à la suite de son mariage avec Heinz Anstock qui dura de 1947 à 1951[7]. Seuls ses premiers articles scientifiques en gardent la trace et qui ont été rédigés en allemand[8],[9],[10]. Elle participe à la campagne de 1952[4] puis elle se marie avec Necati Sarıer, un militaire, le et s'éloigne un temps du monde universitaire. Elle enseigne alors le français, le turc, l'histoire et l'histoire de l'art dans les collèges et lycées d'Eğirdir, de Muş et d'Elazığ, où avait été affecté son mari[2]. En 1954, naît leur fils Emir (Sarıer). Lors de son séjour à Muş (1957-1958), elle compte le futur député CHP (1973-1977) Tekin İleri Dikmen (tr) parmi ses amis à sa table[11]. Finalement, elle retourne à Istanbul chez son père en 1959 avec son fils et renoue avec le monde académique.

En 1960, elle revient à l'université d'Istanbul dans le département des langues et des cultures du Proche-Orient ancien[12]. Cette décennie est marquée par de nombreux voyages à l'étranger pour donner des conférences (comme par exemple en 1963 à Paris, en 1965 à Vienne, en 1966 à Liège ou en 1968 à Londres) et le début de l'enseignement à l'université. Tout d'abord en tant que maître-assistante (doctor asistan). En 1964, elle obtient une bourse de la Fondation Alexander von Humboldt et se rend à Marbourg afin de préparer une thèse de professeure assistante (doçentlik tezi) sous la direction de Heinrich Otten (de)[2]. Elle défendra sa thèse sur les stèles ḫuwaši (en) avec succès en 1965, dont elle publiera un article en 1969[13] et continue l'enseignement à l'université d’Istanbul. Ali Dinçol compte alors parmi ses étudiants[14]. C'est également à cette époque qu'elle commence à écrire sur son histoire familiale à partir de ses archives et de ses souvenirs[15].

Dans les années 1970 s'affirment les trois thèmes centraux de ses recherches académiques : les objets cultuels dans les sources cunéiformes hittites, la mise en perspective du vocabulaire hittite avec les vestiges architecturaux mis au jour par les missions archéologiques et, de façon tout à fait novatrice pour l'époque, la place de la femme à la période hittite[16]. Dans les années 1970, elle noue une amitié avec l'archéologue française Nathalie de Chaisemartin lors de son séjour de lecteur de français à la Faculté des Lettres d’Istanbul (1975-1978)[17].

Titulaire d'un doctorat, elle a participé et dirigé de nombreuses fouilles archéologiques en Turquie. Elle a enseigné et fait des recherches sur les civilisations du Proche-Orient ancien, l'assyrien et le hittite. Elle est l'auteur de nombreux livres, dont Eski Anadolu'da Kadın (La femme en Asie Mineure, 1976), Hitit Mimarlığı, Yapı Sanatı : Arkeolojik ve Filolojik Veriler (L'architecture hittite, l'art de construire : les données archéologiques et philologiques, 1985), et Hitit Sanatı (L'art des Hittites, 1992).

En 2008, ses collègues lui ont dédicacé des mélanges, un volumineux ouvrage de 545 pages qui inclut des contributions en anglais, en français, en turc et allemand et qui attestent de sa stature internationale[18].

En 2010, elle publie son dernier livre « la popote d'une directrice de fouilles : recettes d'une mordue de l'archéologie » (Darga 2010a). Chaque recette est l'occasion de raconter une anecdote personnelle[19].

Publications

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  • (tr) Muhibbe Darga, Eski Anadoluda kadın, Istanbul, İstanbul Üniversitersi Edebiyat Fakültesi Yayınları,
  • (tr) Muhibbe Darga, Kazı başkanının karavanası: arkeolojinin delikanlısından yemek tarifleri, Istanbul, , 1re éd., 132 p. (ISBN 978-975-07-1251-7).Voir et modifier les données sur Wikidata

Articles scientifiques

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  • (de) Muhibbe Anstock-Darga, « Bibliographie zur kretisch-minoischen Schrift und Sprache », Orientalia, vol. 20, no 2,‎ , p. 171–181 (ISSN 0030-5367, JSTOR 43072927).Voir et modifier les données sur Wikidata
  • (de) Muhibbe Anstock-Darga, « Semitische Inschriften auf Silbertäfelchen aus dem 'Bertiz-Tal' (Umgebung von Maraş) », Anadolu Araştırmaları, Université d'Istanbul, vol. 1,‎ , p. 199-200 (ISSN 0569-9746 et 2667-629X).Voir et modifier les données sur Wikidata
  • (tr) Muhibbe Darga et Ali Alparslan, « Namik Kemâl'in bilinmeyen bir mektubu », Belleten, vol. 33, no 129,‎ , p. 35–42
  • (tr) Muhibbe Darga, « Hitit metinlerinde geçen NA4ZI.KIN = NA4ḫuwaši kelimesinin anlami hakkinda bir araştirma », Belleten, vol. 33, no 132,‎ , p. 493–504 (lire en ligne, consulté le )

Notes et références

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  1. À propos de la biographie de Mehmet Emin Bey à partir des souvenirs de Muhibbe Darga, voir Herzog 2016. Le titre Emin (en) dans son nom témoigne de ses services à la cour du sultan.
  2. a b et c Yavuzoğlu Atasoy 2018.
  3. Darga 2010a, p. 72.
  4. a et b Taner 2008, p. 1.
  5. L'équipe est alors composée de Helmuth Th. Bossert, Halet Çambel, Naci Kum, directeur du musée d'Adana et d'un enseignant local, Ekrem Kuşcu (Çambel 1999, p. 1).
  6. Alkım 1948, Excavations, p. 250.
  7. Maas 2018.
  8. Darga 1951a.
  9. Darga 1951b.
  10. Darga 1951c.
  11. Darga 2010a, p. 82-83.
  12. Taner 2008, p. 2.
  13. Darga 1969, stèles ḫuwaši.
  14. Dogan-Alparslan 2013.
  15. Darga 1969, Namik Kemâl et Herzog 2016.
  16. Darga 1976, Eski Anadoluda kadın.
  17. Darga 2010a, p. 35-36.
  18. Taner 2008.
  19. Can yayınları 2010.

Bibliographie

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  • (en) U. Bahadır Alkım, « Excavations at Karatepe », Belleten, vol. 12, no 45,‎ , p. 249–255 (lire en ligne, consulté le )
  • (en) Halet Çambel, Wolfgang Röllig (collaborateur) et John David Hawkins (collaborateur), Karatepe-Aslantaş: the Inscriptions. Facsimile Edition, Berlin, de Gruyter, (ISBN 978-3-11-014870-1, DOI 10.1515/9783110879759)
  • (de) Meltem Doğan-Alparslan, « Ali Dinçol (1. Februar 1943 – 13. August 2012) », Mitteilungen der Deutschen Orient-Gesellschaft, vol. 145,‎ , p. 13–18 (lire en ligne, consulté le )
  • (de) Christoph Herzog, « Die Enkelinnen der letzten Osmanen. Die osmanische Vergangenheit in Erinnerungstexten von drei türkischen Autorinnen », dans Börte Sagaster, Karin Schweißgut, Barbara Kellner-Heinkele, Claus Schönig, Hoşsohbet: Erika Glassen zu Ehren, Würzburg, Ergon Verlag, (ISBN 978-3-95650-677-2, DOI 10.5771/9783956506772).
  • Taner Tarhan, Aksel Tibet et Erkan Konyar, Muhibbe Darga armağanı, Istanbul, Sadberk Hanım Müzesi Yayını, (ISBN 978-975-6959-23-7)
  • (tr) Nazan Yavuzoğlu Atasoy, « Arkeoloji Delikanlısını Yitirdi: A. Muhibbe Darga (1921 - 2018) », Sanat Tarihi Yıllığı, no 27,‎ , p. 319–331 (ISSN 0579-4080, lire en ligne, consulté le )

Articles connexes

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Liens externes

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